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Le Mythe de la virilité

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L’homme doit être la force, le goût du pouvoir et de la conquête, ainsi que l’instinct de guerrier par excellence. C’est ainsi que s’est érigé le mythe de la virilité. Ce mythe : l’homme lui-même l’a mis en place pour asseoir sa supériorité face au sexe faible. Mais derrière ces façades qu’il ne doit surtout pas laisser faillir, l’homme a la peur de l’impuissance. Devant être l’humanisation de la force, il finit par devoir réprimer ses émotions au risque de devenir un ‘’faux homme’’. Mais d’où vient ce mythe ? Et si tout comme les femmes, les hommes aussi en sont devenus victimes ? Dans cet article, La Woman Mag vous révèle tout ce qui se cache derrière ce mythe de la virilité, devenu un fardeau pour celui qui l’a érigé.

 

La naissance de la guerre des sexes

 

On considère l’homme depuis toujours comme étant le sexe fort, alors même qu’il n’apparaît dans la nature qu’après le sexe féminin. Dans l’océan primitif, les organismes se reproduisaient sans aucune intervention du principe mâle. La reproduction ne se faisait dès lors que par réplication/scission. Cela a duré jusqu’à il y a 300 millions d’années, où le chromosome Y a fini par émerger. C’est là qu’apparaît la sexualité. Alors que les hommes des premiers âges avaient déjà le sens de la sacralité, ils donnaient une place à la femme. Dans plusieurs civilisations, les droits et pouvoirs de celle-ci étaient plus étendus qu’ils ne deviendront par la suite. La femme avait le droit de choisir ses époux, d’étudier et de circuler comme bon lui semblait. Mais petit à petit, ces droits finissent par lui être confisqués. Le monde, tourné maintenant principalement vers l’homme, met progressivement en place la déshumanisation de la femme.

 

La hiérarchie des sexes

 

Depuis la préhistoire jusqu’à l’époque contemporaine, l’idée d’un ‘’vrai homme’’ est devenue une véritable croyance et norme au sein de la société. L’explication la plus répandue est celle qui avance que l’homme est plus fort. Aristote quant à lui parle de la hiérarchie des fluides. Parce que le sperme est supérieur au lait. La femme perd son sang par la menstruation et donne son lait, tout cela de façon passive. Elle ne contrôle pas ces flux. L’homme quant à lui, en donnant son sang, contrôle l’émission de la semence, c’est quelque chose d’actif. Ainsi, tandis que la femme subit et est faite pour subir, l’homme lui se gouverne et est fait pour gouverner.

 

 

 

Être un vrai homme : le mythe de la virilité

 

Afin d’asseoir sa supériorité face au sexe féminin, l’homme l’a théorisé à travers le mythe de la virilité. Tout en légitimant la minoration de la femme, ce mythe crée en parallèle une oppression de l’homme par l’homme. Depuis un siècle, l’homme est donc devenu ce modèle de la toute-puissance guerrière, politique et sexuelle. Un vrai homme doit être doté d’un instinct guerrier. Il doit avoir le dernier mot, et surtout être un dominant sexuel. Il se doit d’afficher un appétit inépuisable, tout en prouvant qu’il est capable de sublimation. On ne pourrait être un homme sans toutes ces conditions. Un problème d’érection ou tout simplement l’absence d’envie sur le plan sexuel n’avaient pas lieu d’être. La virilité absolue de l’homme se trouve ainsi dans sa capacité à gouverner son désir.

 

Le mythe de la supériorité mâle est devenu le fondement même de l’ordre social, politique, religieux, économique et sexuel. Pour ces raisons, la simple idée d’imaginer un éventuel dysfonctionnement terrorise les hommes. À défaut d’avoir toutes les capacités que l’on attend d’eux, ils ont peur d’être un ‘’faux homme’’. Cela n’a pas de sens et n’a normalement pas lieu d’être. On ne devient pas homme, on naît homme.

 

Les hommes, finalement victimes

 

Les masculinistes accusent au féminisme de priver l’homme de sa souveraineté naturelle. C’est pourtant loin d’être le cas. Bien que ce malaise masculin soit une réalité, il est tout sauf le résultat de l’émancipation de la femme. C’est en tout cas le point de vue d’Olivia Gazalé, professeur de philosophie dans son livre intitulé ‘’le Mythe de la virilité : un piège pour les deux sexes’’. Selon elle, ce mythe s’avère plutôt anxiogène pour les hommes eux-mêmes. La virilité est celle qui a fini par tomber dans son propre piège. Ce piège que l’homme a érigé en voulant y enfermer la femme s’est tendu à lui-même. Étant à la fois coercitif, discriminatoire, contraignant et paradoxal, le modèle de la virilité est en fait un idéal hors d’atteinte. Il traduit avant tout la vulnérabilité et l’inquiétude que les hommes partagent.

 

Finalement, tout comme les femmes, les hommes se trouvent être également victimes du mythe. En attendant tellement d’eux, ils finissent par ne plus pouvoir être pleinement eux-mêmes. Imposer le mythe de la virilité comme norme conduit l’homme à devoir réprimer ses émotions. Il est condamné à redouter l’impuissance et à honnir l’effémination. Le devoir d’être un vrai homme en étant viril s’est vu devenir un fardeau. Afin de devenir un homme, le processus est extrêmement coûteux. Dans ce sens, l’émancipation des femmes est quelque part surtout une libération pour les hommes.

 

Que penser finalement ?

 

Déjà à l’école, les garçons apprennent à faire leurs preuves et à endosser le rôle qui leur revient. Dans ce premier lieu où les enfants apprennent à socialiser, des stéréotypes apparaissent. Les filles sont plus soigneuses, tandis que les garçons sont plus brouillons, mais inventifs. Aujourd’hui, on sait que la virilité n’est pas acquise et c’est loin d’être un tour de plaisir pour les hommes. Nous, femmes, essayons d’éviter de mettre la barre trop haute quand il s’agit d’un homme. Nous devons essayer de respecter leur moment de faiblesse ainsi que leurs émotions à cette ère où l’on prône l’égalité des sexes. Au lieu d’imposer un processus pour devenir un homme à nos petits garçons, nous pouvons leur inculquer d’autres valeurs plus importantes. Respectons leur processus de développement, sans leur imposer des normes à suivre qui ne feront que remettre en cause leur confiance en soi.

 

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