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En amour, pourquoi les femmes se font des films ?

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Se faire « des films »… Se faire des idées, des « plans sur la comète »… En amour, est-ce l’apanage des femmes ?Certainement, il s’agit d’une tendance davantage féminine que masculine. Le facteur principal est comme souvent, primitif, c’est-à-dire neuropsychique : l’homme est souvent plus pragmatique, moins imaginatif et donc a beaucoup plus tendance « à ne croire que ce qu’il voit ».

 

La femme, est des deux protagonistes, celle qui fantasme le plus la vie de couple et par extrapolation la vie de famille. Ceci du fait de son besoin d’anticiper, de se projeter avec son compagnon, dans le but d’envisager avec davantage de sérénité, l’éducation des « petits ».De là à dire que l’homme ne se fait pas lui aussi de « films » sur son couple, ce n’est pas vrai. Mais disons qu’il ne se projette pas aussi rapidement à long terme que la femme.

 

Toutefois, ce qui est dit au-dessus concerne la majorité des individus, ce n’est pas le cas de tout le monde : du fait de l’évolution sociétale et donc de l’éducation reçue (avec possiblement quelques traumatismes individuels), l’on observe quand même de plus en plus de femmes qui vivent leur couple au jour le jour et des hommes qui quant à eux vont « très loin et très vite » …

 

 

 

Cependant, si l’évolution neuropsychique amène quelques changements d’attitudes (nos réactions mentales face à une situation donnée) et alors de comportements (les agissements, résultats de nos attitudes), on peut se sentir en décalage.

 

Au déclin des religions s’est adjoint le déclin des bonnes mœurs d’apparence :  d’« apparence », car en réalité, l’être humain n’a jamais cessé de mentir, trahir, tricher ; les religions sont des garde-fous qui ne peuvent être opérants partout et à tout moment, car la nature humaine étant parfois plus forte que la morale que l’individu s’évertue à maintenir. Tout ceci aura nui à la projection psychique en toute sécurité : ainsi, auparavant le mariage garantissait socialement que les protagonistes restent ensemble pour la vie, et ce, pour le meilleur comme pour le pire. Aujourd’hui, plus personne n’est vraiment dupe, même si chacun a tout de même envie de croire qu’il vivra quelque chose de différent, qu’il ne sera pas soumis aux mêmes affres que ses congénères…

 

Il ne s’agit pas ici de détruire l’institution du mariage et de dire qu’il ne faut pas croire à la force d’un amour. Car si l’on ne croit en rien, on n’accomplit rien. Pour autant, cela n’empêche pas une dose de réalisme : il s’agit de ne pas se convaincre d’être miraculeusement protégé de toutes les souffrances de la vie conjugale, par les divinités et les adoubements de leurs représentants sur terre (prêtres et autres officieux). il faut plutôt agir pour le maintien du couple : on pourrait presque penser que les religions, bien qu’utiles sur bien des points (notamment sur la conservation d’une morale plutôt civilisatrice), rendent amoureusement « paresseux » les conjoints.

 

Si l’on s’en tient à la majorité, que pourraient faire les femmes pour se protéger de leurs tendances à la projection amoureuse ?Pas grand-chose : la femme est « la femme » et il n’est pas question d’en faire un homme ; car c’est sans doute cette relative « innocence » féminine qui donne à l’homme, l’envie de la protéger. Même si ce dernier se plaint d’elle, lorsqu’elle cherche à le changer.

 

 

 

 

Car c’est bien un « réflexe » du sujet féminin que de vouloir changer son compagnon. Elle veut qu’il soit comme elle, qu’il fasse comme elle. Qu’il fonctionne, réfléchisse, pense comme elle-même l’aurait fait dans une circonstance donnée. Là aussi, c’est peine perdue. D’une part parce que l’homme est mû par sa propre psychobiologie. D’autre part, parce que quelqu’un ne change jamais (à moins d’un gros psychotraumatisme) dans le fond : « chasser le naturel, il revient au galop ».

 

Et enfin parce que quelqu’un ne change son comportement que parce que son attitude face à la situation s’est modifiée : ainsi on change parce que nous y avons un intérêt profond, parce que nos convictions ont changé et sûrement pas pour quelqu’un… ainsi, si la femme souhaite moins souffrir dans sa relation amoureuse, qu’elle ne s’imagine pas qu’elle sera « celle », parmi toutes les femmes que son compagnon aura connues avant, qu’il saura le remettre sur le droit chemin. Même si Fabrice, le meilleur ami de votre partenaire prétend qu’il ne l’a jamais vu se tenir aussi bien que depuis qu’il est avec vous.

 

En fait, en premier lieu, ce n’est pas vous ni votre relation qui aurez participé au changement de comportements de votre compagnon : c’est tout simplement qu’il était prêt psychiquement à passer à une étape « au-dessus » dans sa vie et que vous êtes arrivée au bon moment…Navré, ce n’était pas en lien avec vos franches capacités d’écoute dont vous qualifient en général vos proches. Ce n’était pas non plus votre fine connaissance de la psychologie masculine qui a agi. Ce n’était même pas le psychothérapeute qu’il vient de rencontrer sur vos conseils…Votre compagnon avait, avant toute chose, envie de changer !

 

De fait, la femme doit s’évertuer à ne pas vouloir changer le fond de son partenaire, mais plutôt à négocier avec lui : elle doit poser un cadre dès le début du couple (ce qu’elle veut, ce qu’elle ne veut pas) et faire « des mises au point » régulièrement sur ce qui lui apparaît positif et négatif.

 

 

C’est par le compromis que certains comportements « de moindre importance » peuvent changer (mettre ses habits dans le panier de linge par exemple). Mais demander à votre homme de ne plus courir les femmes alors que vous l’avez à de multiples reprises attrapées en flagrant délit, c’est impossible : il ne changera sur ce point que s’il est convaincu que cela l’amènera à devenir quelqu’un de meilleur en accord avec les valeurs qu’il aura développé lui-même. Si son attitude (sa façon de se voir dans le monde) change, ce n’est qu’à ce moment-là que la femme ou un autre tiers, pourra l’amener à modifier ses comportements.

 

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