La plateforme de l'émancipation féminine  l'émancipation féminine  l'émancipation féminine  à la Réunion et dans l'Océan Indien

L’argent n’a pas de genre… Mais les inégalités, oui !

Partager sur facebook
Partager sur linkedin

L’argent est souvent perçu comme un outil de liberté et d’indépendance. Pourtant, en 2025, l’accès au pouvoir économique reste inégalitaire. Le problème ? Ce ne sont pas seulement les écarts salariaux (toujours 22,2 % en moyenne en faveur des hommes, selon l’INSEE), mais aussi une différence d’attitude face à l’argent, à l’investissement et à la gestion patrimoniale. Et si la clé n’était pas seulement de revendiquer l’égalité salariale, mais aussi de redéfinir notre rapport au pouvoir économique ?

 

Dépasser le simple constat des écarts financiers

 

On connaît déjà les chiffres : les femmes gagnent moins, investissent moins et touchent des retraites plus faibles. Pourtant, au-delà de ces inégalités, une question se pose : pourquoi ce schéma perdure-t-il alors que les femmes sont de plus en plus nombreuses à accéder aux études supérieures et à entreprendre ?

L’enjeu réside autant dans les structures économiques que dans l’éducation financière et les biais inconscients. Dès l’enfance, les filles sont moins incitées à parler d’argent, à prendre des risques financiers et à négocier leur salaire. Résultat : à l’âge adulte, elles sont plus prudentes, moins enclines à investir et souvent plus réticentes à affronter les codes masculins du monde économique.

 

La confiance financière, un enjeu crucial

 

Un rapport du Global Financial Literacy Excellence Center (2023) montre que seulement 30 % des femmes dans le monde se sentent confiantes en matière de gestion financière, contre 50 % des hommes. Cette disparité ne découle pas d’un manque de compétences, mais d’un déficit d’encouragement et d’accès à l’information dès le plus jeune âge

Changer notre rapport à l’argent : un enjeu de pouvoir

 

Historiquement, l’argent a toujours été associé au pouvoir. Or, les femmes ont été tenues à l’écart de cette sphère pendant des siècles. Ce retard culturel ne se comble pas en une génération. Pourtant, de nouvelles tendances émergent :

  • Les nouvelles générations brisent le tabou de l’argent : TikTok et Instagram regorgent de comptes dédiés à l’éducation financière féminine. De plus en plus de femmes partagent leurs stratégies d’investissement et leurs parcours d’entrepreneuses.
  • L’essor des communautés financières féminines : Des plateformes comme Femmes et Finances ou Money Girl créent des espaces où les femmes peuvent échanger sans crainte du jugement.
  • Le féminisme économique s’impose : Il ne s’agit plus seulement d’égalité salariale, mais de changer en profondeur les codes de la finance et de la gestion du patrimoine.

 

De la simple épargne à la prise de risques calculée

L’une des grandes différences entre hommes et femmes face à l’argent, c’est la gestion du risque. Selon l’AMF, 71 % des femmes privilégient le livret A, un placement ultra-sécurisé mais peu rémunérateur. Cette prudence s’explique par un manque de confiance en elles-mêmes plus que par une réelle stratégie financière.

Mais une autre dynamique émerge : les femmes qui osent investir le font souvent mieux que les hommes. Une étude de Fidelity Investments a montré que les femmes obtiennent en moyenne des rendements supérieurs de 0,4 % par an à ceux des hommes, car elles prennent moins de décisions impulsives et gèrent leurs investissements sur le long terme.

 

L’entrepreneuriat féminin en quête de financements

37 % des entreprises en France sont dirigées par des femmes, mais ces dernières rencontrent encore des obstacles considérables pour obtenir des financements. Un rapport de Bpifrance révèle que les femmes entrepreneures reçoivent 30 % de financements en moins que leurs homologues masculins. Un biais inconscient persiste dans l’univers du capital-risque, où les investisseurs privilégient des modèles d’entreprises correspondant à des standards masculins.

Trois actions concrètes pour rééquilibrer les forces

 

  1. Rendre l’argent moins tabou : L’argent est un outil, pas un sujet honteux. Parler salaires, placements et patrimoine avec son entourage permet d’affiner ses stratégies et d’oser demander plus.

 

  1. Tester l’investissement petit à petit : Il n’est pas nécessaire d’être experte pour se lancer. Investir 50 € par mois en ETF (fonds indiciels) est un bon début pour voir comment fonctionne la bourse.

 

  1. Défier les codes masculins de la négociation : On ne négocie pas un salaire comme une faveur, mais comme une valeur apportée à l’entreprise. Adopter une posture confiante et bien préparée change tout.

 

Devenir actrice de son indépendance économique

 

L’enjeu n’est pas seulement d’attendre une égalité salariale promise depuis des décennies, mais de reprendre en main son pouvoir financier. Repenser son rapport à l’argent, s’autoriser à investir et à revendiquer sa juste valeur, c’est poser les bases d’une égalité économique durable. Loin d’être un simple enjeu monétaire, c’est une révolution culturelle en marche.

Sources
  • INSEE, “Écart de salaire entre femmes et hommes en 2023” (insee.fr)
  • AMF, “Les femmes et l’investissement en 2023” (amf-france.org)
  • IFOP, “Baromètre – Les femmes et l’argent” (ifop.com)
  • Bpifrance, “L’entrepreneuriat féminin en France” (bpifrance.fr)
  • Global Financial Literacy Excellence Center, “Women and Financial Confidence Report, 2023” (gflec.org)

 

 

Partager sur facebook
Partager sur linkedin

A lire également