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C’est quoi être parent aujourd’hui ?

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« C’était mieux avant »…de tout temps, l’humain aura la nostalgie des temps passés.

« C’est plus difficile aujourd’hui », c’est probablement un moyen pour nous de trouver une cause externe à nos difficultés, une cause sociétale.

Et concernant la parentalité, l’éducation, était-ce mieux avant finalement ? Une question impossible à résoudre tant elle est subjective. Et pourtant, certains historiens nous le prouvent, de tout temps les violences éducatives et familiales ont existé.

Alors, nous pourrions nous demander : qu’est-ce qui rend difficile la parentalité et l’éducation, aujourd’hui ? Pourquoi les parents d’aujourd’hui se sentent bien souvent tiraillés ? Est-ce qu’il y a une meilleure façon d’être parent de nos jours ?

Dans cet article, nous aborderons les quatre constats qui influencent la parentalité de nos jours et nous finirons par proposer quelques clés pour alléger la pression parentale.

 

 

 

 

 L’évolution des familles

 

Un premier constat est à réaliser du côté de l’évolution des familles. Nous sommes passés de schémas familiaux traditionnels à des schémas modernes.

Auparavant, le monde de l’adulte et le monde de l’enfant étaient très différenciés (à table, par exemple).

Le lien entre l’enfant et l’adulte s’est aujourd’hui transformé et la place de l’enfant s’est vue modulée au rythme de l’évolution des familles.

Ce qui différencie les deux types de fonctionnements familiaux concerne leur système de relation.

À savoir, au sein de la famille traditionnelle, ce sont les individus qui sont au service du groupe familial. En d’autres termes, la famille prime sur l’individu.

Dans la famille moderne, c’est la famille qui est au service de chaque individu qui la compose. L’individu est donc au premier plan.

 

Il n’est pas question ici de valoriser un fonctionnement plutôt qu’un autre, mais tout simplement de rappeler que selon le mode de fonctionnement de la famille à laquelle l’enfant appartient, ce dernier aura une place différente, une implication différente dans les décisions familiales, les règles qui les régissent ou la communication qui les rassemble.

 

Il est important de noter qu’en lien avec l’histoire de notre société réunionnaise, les fonctionnements sous forme de famille traditionnelle sont encore bien présents.

Ce qui peut expliquer que l’on observe, bien souvent, un conflit entre les générations qui ont été élevées sous un format traditionnel et les nouvelles générations plus influencées par un schéma moderne.

Les parents se situant dans ce conflit peuvent ainsi se sentir tiraillés entre l’éducation traditionnelle qu’ils ont connue et l’éducation moderne qu’ils souhaitent transmettre.

 

Les nouvelles théories en parentalité

 

Un second constat est à prendre en compte : l’émergence des neurosciences, de la psychologie positive et de l’éducation bienveillante dans la parentalité d’aujourd’hui.

En effet, si antérieurement l’éducation se transmettait de façon orale, de génération en génération, à ce jour, les parents sont submergés d’informations concernant le développement de leur enfant. On ne peut plus méconnaître l’importance des besoins affectifs de l’enfant, par exemple, néanmoins la multiplication des informations et des canaux de transmission peuvent brouiller les messages sous-jacents.

Le flux de connaissances, d’ouvrages, d’informations diverses et variées baigne les parents dans un flou général où ils peuvent se retrouver sur-informés. Au contraire, pour d’autres parents, la masse d’informations peut amener à une mauvaise interprétation des connaissances transmises.

Cette sur-information des parents entrave également la part instinctive de cette fonction et leur spontanéité dans la relation à leur enfant.

 

L’isolement des familles

 

Troisième constat : les familles se retrouvent de plus en plus isolées.

Auparavant, les parents étaient soutenus dans un système familial élargi qui avait un regard sur l’éducation de leurs enfants. C’est encore fortement le cas dans les schémas de famille traditionnelle.

Quant aux familles modernes, les parents se retrouvent généralement seuls face à leur fonction parentale, avec peu de relais, peu d’appui ou de soutien.

Cet isolement de certains parents ne permet pas une distanciation essentielle dans leur fonction parentale et une dilution de leurs difficultés par la présence de tiers dans la relation parent-enfant.

 

La charge mentale des parents 

 

Enfin, le quatrième constat qui influence la parentalité d’aujourd’hui concerne la charge mentale.

La place de l’enfant a évolué et les enfants se voient être de plus en plus éveillés, informés, avec un esprit critique développé.

Ces changements sont en lien avec l’évolution de la communication parents-enfants et de la place dans les familles.

Le rapport au temps et au travail a également évolué, et, si l’on ajoute à cela l’isolement des parents aujourd’hui, et la sur-information, les parents actuels en ont lourd sur la conscience.

Moins de temps, plus de sollicitations, trop d’informations, des conflits internes entre les anciennes et nouvelles formes de parentalité : autant d’éléments qui alourdissent cette charge mentale et expliquent le tiraillement des parents actuels.

 

 

 

 

4 Clés pour alléger la pression parentale

 

En définitive, être un parent aujourd’hui n’est pas forcément plus difficile qu’avant, mais plusieurs points sont à considérer pour ne pas se laisser submerger par la charge mentale.

 

  • Être conscient et au clair avec son style de parentalité et de modèle familial (traditionnel ou moderne)
  • Comprendre et connaître les besoins de l’enfant, mais rester à l’écoute de son instinct naturel, de son intuition parentale ; faire confiance au processus de devenir parent qui se fait au rythme de l’évolution de nos enfants
  • Ne pas s’isoler dans sa fonction parentale, partager ses vulnérabilités, oser aller à la rencontre d’autres parents pour partager son expérience et confronter son vécu
  • Ne pas chercher à être un parent parfait, mais un parent heureux

 

En conclusion, il n’existe pas une seule façon d’être parent, mais surtout il n’existe pas de recette miracle pour être un « bon » parent.

Être parent n’est pas un métier, c’est un statut, une fonction.

Être parent est une fonction que l’on choisit ou non (consciemment ou inconsciemment) selon nos histoires de vies et que l’on construit au fil des rencontres avec nos enfants, avec nous-mêmes, avec l’autre parent, avec d’autres parents.

Si tous ces constats expliquent la difficulté d’être parent aujourd’hui, que l’on ne peut comparer à d’autres époques, heureusement pour nous et pour notre société, il n’existe aucun guide applicable pour tous.

Enfin, l’imperfection est nécessaire à la fonction parentale.

Pour finir : être parent, ça se vit, ça se construit, pour se déconstruire et évoluer dans un processus en constant mouvement.

 

 

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