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Règles : ces protections réutilisables que l’Assurance Maladie va désormais rembourser

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Avoir ses règles coûte de l’argent. Beaucoup d’argent lorsqu’on additionne les protections achetées mois après mois, année après année. Et contrairement à l’abonnement à cette plateforme de streaming que l’on oublie de résilier, celui-ci n’a rien de facultatif.

En 2026, les choses commencent enfin à bouger.

Un nouveau dispositif prévoit désormais la prise en charge de certaines protections périodiques réutilisables par l’Assurance Maladie.

Culottes menstruelles et coupes menstruelles sont concernées, sous certaines conditions.

Une évolution qui peut sembler très administrative sur le papier, mais qui raconte quelque chose de beaucoup plus important : les règles et leur coût commencent enfin à être considérés comme un véritable sujet de santé et de société.

Alors concrètement, qui pourra en bénéficier ? Pour quelles protections ? Et comment cela va-t-il fonctionner ?

On fait le point.

 

Avoir ses règles : cette petite ligne budgétaire qui revient tous les mois

 

Serviettes, tampons, culottes menstruelles, antidouleurs parfois…

Individuellement, les dépenses peuvent sembler relativement modestes.

Mais faites le calcul sur plusieurs décennies et l’addition devient nettement moins discrète.

Le problème est surtout que tout le monde n’a pas les moyens d’assumer cette dépense aussi facilement.

La précarité menstruelle désigne précisément cette difficulté à disposer, en quantité suffisante, de protections adaptées pendant ses règles.

Et derrière cette expression un peu institutionnelle se cachent des réalités très concrètes.

Espacer les changements de protection pour économiser.

Improviser avec ce que l’on trouve.

Renoncer à certaines activités.

Parfois même devoir arbitrer entre l’achat de protections et d’autres dépenses essentielles.

Les règles sont naturelles.

Ne pas pouvoir se protéger correctement pendant ses règles ne devrait jamais être considéré comme normal.

 

Alors, qu’est-ce qui change en 2026 ?

 

Après plusieurs années d’annonces et d’attente, le cadre réglementaire est désormais posé.

Le décret publié en avril 2026 prévoit la possibilité d’une prise en charge de certaines protections menstruelles réutilisables.

Et non, cela ne signifie pas que nous allons pouvoir arriver en pharmacie avec un panier rempli de culottes menstruelles en annonçant joyeusement : « C’est pour la Sécu ! »

Le dispositif est encadré.

Il concerne les personnes assurées de moins de 26 ans, sans condition de ressources.

Les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire (C2S) sont également concernées, cette fois sans condition d’âge.

Le nombre de produits pris en charge est limité à deux protections réutilisables par période annuelle, calculée à partir de la première délivrance.

 

Toutes les protections menstruelles ne sont pas concernées

 

C’est un point essentiel.

Le remboursement ne concerne pas l’ensemble des produits que l’on trouve dans les rayons.

Deux catégories ont été retenues :

les culottes menstruelles et les coupes menstruelles.

Les serviettes et tampons jetables ne font donc pas partie du dispositif.

Et toutes les culottes menstruelles du marché ne seront pas automatiquement remboursables non plus.

Les produits devront respecter les conditions prévues par le dispositif et être correctement référencés pour pouvoir ouvrir droit à une prise en charge.

Autrement dit : avant d’acheter, mieux vaudra vérifier.

Votre merveilleuse culotte léopard ultra-absorbante trouvée sur Internet n’est malheureusement pas remboursable simplement parce qu’elle possède le mot « menstruelle » dans sa description.

 

Pourquoi avoir choisi les protections réutilisables ?

 

Parce que leur principal frein se situe souvent au moment de l’achat.

Une boîte de protections jetables représente une dépense relativement faible à l’instant T.

Une culotte menstruelle de qualité demande un investissement plus important.

Mais elle peut ensuite être lavée et réutilisée de nombreuses fois.

Même logique pour la coupe menstruelle, qui peut être conservée pendant plusieurs années lorsqu’elle est correctement utilisée et entretenue.

Le principe est donc assez simple : aider à financer l’investissement de départ pour permettre une utilisation sur la durée.

Avec, au passage, un autre bénéfice : réduire la quantité de protections jetables utilisées.

Santé, budget, environnement : pour une fois, les trois peuvent plutôt bien s’entendre.

 

Culotte ou cup : le grand match ?

 

Il n’y a pas réellement de gagnante.

Et heureusement, parce que nos règles ne sont déjà pas toujours simples, inutile d’organiser en plus les Jeux olympiques de la protection menstruelle.

La culotte menstruelle ressemble à un sous-vêtement classique intégrant plusieurs couches absorbantes.

Son avantage principal est sa simplicité.

On l’enfile.

On la porte.

On la lave selon les recommandations du fabricant.

Elle peut être particulièrement rassurante pour celles qui découvrent les protections réutilisables ou qui ne souhaitent pas utiliser une protection interne.

La coupe menstruelle, souvent appelée cup, fonctionne différemment.

Insérée dans le vagin, elle recueille le flux menstruel et doit être vidée, nettoyée et régulièrement stérilisée conformément aux recommandations d’utilisation.

Certaines femmes l’adorent.

D’autres l’ont regardée une fois et ont décidé que leur relation s’arrêterait là.

Et c’est parfaitement acceptable.

Il n’existe pas de protection menstruelle idéale pour tout le monde.

La meilleure est celle qui correspond à son corps, son flux, son quotidien et son confort.

 

Deux produits par an : suffisant ?

 

C’est probablement l’une des limites du dispositif.

Deux produits peuvent permettre de découvrir une protection réutilisable ou de compléter un équipement existant.

Mais pour utiliser exclusivement des culottes menstruelles pendant plusieurs jours de règles, par exemple, deux modèles seront rarement suffisants.

Le remboursement ne supprimera donc pas nécessairement toutes les dépenses liées aux menstruations.

Et les protections jetables restent, elles, hors du dispositif.

Il s’agit davantage d’un coup de pouce pour commencer à s’équiper que d’une prise en charge complète de l’ensemble des besoins menstruels.

Mais symboliquement, le changement reste important.

 

Parce que les règles ne sont pas un produit de confort

 

C’est probablement le point essentiel de cette mesure.

Pendant très longtemps, les menstruations ont été considérées comme relevant exclusivement de la sphère privée.

À chacune de se débrouiller.

À chacune d’acheter ses protections.

À chacune de gérer les conséquences financières, physiques et parfois sociales de ses règles.

Pourtant, avoir accès à une protection menstruelle adaptée n’est pas comparable à acheter un produit de beauté ou un accessoire de confort.

C’est un besoin élémentaire.

Pouvoir aller travailler.

Aller en cours.

Faire du sport.

Dormir.

Sortir.

Vivre normalement pendant ses règles.

Cela paraît évident.

Et pourtant, il aura fallu du temps pour que cette évidence commence à se traduire dans les politiques de santé.

 

Ce qu’il faudra vérifier avant d’acheter

 

Le dispositif prévoit une phase transitoire durant laquelle les protections concernées devront être distribuées par les pharmacies d’officine pour bénéficier de la prise en charge.

Avant de passer à la caisse, le bon réflexe sera donc de demander directement au pharmacien si le modèle choisi entre bien dans le dispositif.

Car acheter d’abord et découvrir ensuite que le produit n’est pas éligible risque de provoquer une émotion que nous connaissons toutes très bien :

la joie administrative.

Celle qui commence généralement par : « Pourtant, j’avais lu que c’était remboursé… »

Mieux vaut donc vérifier les conditions au moment de l’achat.

 

Une petite mesure qui raconte une évolution beaucoup plus grande

 

Deux protections menstruelles remboursées par an ne vont évidemment pas résoudre à elles seules la précarité menstruelle.

Le dispositif reste limité.

Il ne concerne pas toutes les femmes.

Il exclut les protections jetables.

Et pour certaines utilisatrices, deux produits ne suffiront pas.

Mais cette mesure marque tout de même une évolution importante.

Parce qu’elle pose une idée simple :

avoir ses règles engendre des besoins de santé qui ont un coût.

Et reconnaître ce coût collectivement, c’est aussi faire sortir progressivement les menstruations de cette drôle de zone dans laquelle elles ont longtemps été enfermées : quelque chose de parfaitement naturel dont il fallait pourtant éviter de trop parler.

Alors non, le remboursement des culottes menstruelles ne constitue probablement pas la révolution féministe de l’année.

Mais c’est un pas supplémentaire vers quelque chose qui devrait finalement être assez banal :

pouvoir avoir ses règles dignement, confortablement et sans que son portefeuille ait, lui aussi, envie de pleurer tous les mois.

Pour plus d’article côté santé bien-être , c’est par ici !

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