Certaines personnes ont le talent de transformer une idée en image.
D’autres savent aller plus loin : elles savent lui donner une identité.
Pauline Schubmehl fait partie de ces créatrices discrètes mais essentielles. Celles qui travaillent dans l’ombre pour rendre les projets visibles, lisibles et impactants.
Graphiste freelance installée à Pessac, près de Bordeaux, elle accompagne depuis plusieurs années entreprises, institutions et entrepreneurs dans la création de leurs supports de communication. Flyers, brochures, plaquettes, identités visuelles… derrière chaque document bien structuré, chaque mise en page claire et élégante, il y a souvent un travail de réflexion invisible.
Un travail que Pauline aime profondément : donner du sens et de la rigueur à l’image.
Un parcours construit pas à pas
Avant de devenir indépendante, Pauline a d’abord fait ses armes dans le monde du salariat. Un passage presque incontournable pour beaucoup de graphistes.
Elle commence en agence de communication, un environnement souvent intense mais extrêmement formateur. Là, elle apprend les bases du métier, la gestion des délais, la relation avec les clients et surtout la capacité à comprendre rapidement un brief.
Elle poursuit ensuite son parcours chez l’annonceur, notamment à la Macif et à la FIA, où elle intervient en CDD et en intérim. Ces expériences lui permettent d’affiner son regard et de comprendre les besoins réels des entreprises en matière de communication.
Mais, à ce moment-là, Pauline n’imagine pas encore devenir freelance à plein temps.
Comme beaucoup, elle avance étape par étape.
Le premier pas… presque par hasard
L’histoire de son activité indépendante commence bien avant qu’elle en ait réellement conscience.
En 2011, un premier client lui demande de réaliser un projet graphique : des étiquettes de vin. Une mission ponctuelle, presque anodine.
Mais pour être payée, il faut une facture.
Pauline décide alors d’ouvrir un statut d’auto-entrepreneur. À l’époque, c’est surtout une solution pratique. Le statut est simple, gratuit, et ne demande aucun engagement particulier.
Elle réalise donc quelques projets en parallèle de son travail salarié. Des petits contrats, parfois trouvés sur des plateformes de freelances.
« Un peu de beurre dans les épinards », comme elle le dit avec simplicité.
Le soir, après le travail, elle crée. Elle expérimente. Elle apprend.
À ce moment-là, elle ne se projette absolument pas dans une carrière indépendante.
Le déclic de 2019
Le vrai tournant arrive à l’automne 2019.
À la fin de son contrat en intérim à la FIA, l’entreprise lui explique qu’elle ne pourra pas la garder en CDI ni en CDD.
C’est un moment charnière.
Pauline prend alors une décision simple, mais courageuse :
se laisser quelques mois pour tenter l’aventure du freelance à temps plein.
« Je me suis dit : je me laisse jusqu’à décembre pour voir comment ça se passe. Et au pire, en janvier, je chercherai un poste salarié. »
Mais les choses prennent une tournure inattendue.
Les missions arrivent.
Un client principal, puis d’autres projets plus ponctuels. Les journées se remplissent, les dossiers s’enchaînent.
Et petit à petit, l’idée de revenir au salariat disparaît.
L’activité fonctionne.
Pauline devient officiellement graphiste indépendante.
Un métier parfois difficile à expliquer
Quand on lui demande ce qu’elle fait dans la vie, Pauline sourit.
Expliquer le métier de graphiste n’est pas toujours simple.
« Quand je parle à mon grand-père, je résume souvent par : de la publicité sur ordinateur. »
Mais derrière cette formule se cache un travail beaucoup plus subtil.
Créer des supports de communication, ce n’est pas simplement « faire joli ». C’est organiser l’information, structurer les messages, rendre un document lisible, professionnel et cohérent.
Flyers, brochures, plaquettes… Pauline intervient sur toute la partie visuelle qui permet à une entreprise de communiquer clairement.
Et surtout, elle accompagne ses clients bien au-delà de l’exécution graphique.
Car souvent, ils arrivent avec une idée très précise… qui n’est pas toujours la plus efficace.
Le rôle de Pauline est alors de conseiller, d’ajuster, d’améliorer.
Pour que le résultat soit plus impactant.
Plus professionnel.
Et plus fidèle à l’image de la marque.
La rigueur comme signature
Si Pauline devait résumer sa manière de travailler en un mot, ce serait sans doute la rigueur.
Elle aime que les documents soient « carrés ».
Tout doit être aligné, équilibré, cohérent.
C’est presque devenu un réflexe professionnel.
Au restaurant, par exemple, elle ne peut pas s’empêcher de regarder les menus avec un œil de graphiste. Un double espace, une faute de mise en page… des détails que peu de gens remarquent, mais qui sautent immédiatement aux yeux pour elle.
Cette exigence se retrouve naturellement dans son travail.
Ses clients apprécient particulièrement sa réactivité, sa capacité à comprendre rapidement les briefs et son adaptabilité face aux contraintes.
Assumer son domaine d’expertise
Dans un monde où les métiers de la communication deviennent de plus en plus polyvalents, Pauline a fait un choix clair.
Elle ne veut pas tout faire.
Aujourd’hui, beaucoup d’offres demandent aux graphistes de maîtriser à la fois le print, le web, la vidéo, l’animation ou encore les réseaux sociaux.
Mais Pauline préfère se concentrer sur ce qu’elle fait le mieux.
Son domaine de prédilection : le print.
Les supports imprimés, les mises en page structurées, les documents qui demandent précision et équilibre.
Une spécialisation qui lui permet de maintenir un haut niveau de qualité dans ses créations.
Les défis de l’indépendance
Comme beaucoup d’entrepreneurs, Pauline a aussi traversé des périodes de doute.
Le plus grand défi reste la prospection.
La plupart de ses clients viennent aujourd’hui du bouche-à-oreille ou d’anciens employeurs. Une situation confortable, mais qui peut parfois créer des périodes creuses.
L’année dernière, par exemple, deux mois sans mission ont suffi à faire naître l’inquiétude.
« Je commençais à me demander si je ne devais pas postuler à nouveau pour un CDD ou un CDI. »
Quand on est indépendant, l’absence de projets signifie aussi l’absence de revenus.
Une réalité qui demande sang-froid et persévérance.
Une fierté construite dans le temps
Aujourd’hui, Pauline dirige sa propre structure : une EURL.
Un chemin qu’elle n’aurait jamais imaginé au départ.
Sa plus grande fierté ?
Ne pas avoir abandonné.
Et surtout, recevoir les retours positifs de ses clients.
Un message de satisfaction, une recommandation, ou un client qui revient régulièrement en période de rush… autant de signes de confiance qui donnent du sens à son travail.
Une entrepreneure… et une maman
En dehors de son activité, Pauline est aussi maman de deux enfants.
Deux univers qui coexistent et s’équilibrent.
L’un des grands avantages de l’indépendance, pour elle, est justement cette liberté d’organisation.
Pouvoir accompagner ses enfants, adapter ses journées, et prendre du temps pour elle.
Car Pauline a aussi besoin de se ressourcer.
Souvent, cela passe par un run en extérieur.
Courir pour vider la tête.
Ou simplement cuisiner, une autre passion qui lui permet de relâcher la pression.
Oser se lancer
Quand on lui demande de résumer son parcours en une phrase, Pauline ne cherche pas des mots compliqués.
Sa réponse est simple.
« Il faut oser se lancer. »
Et elle ajoute un message pour celles qui hésitent encore :
« Si je l’ai fait, tu peux le faire. »
Car derrière les doutes et les périodes creuses, il y a aussi une réalité précieuse :
celle de l’indépendance.
La liberté de construire son activité.
Et celle d’organiser sa vie en accord avec ses priorités.
Vous souhaitez découvrir son travail ou la contacter pour vos supports de communication ?
Retrouvez Pauline et son univers graphique sur son site :
www.mllepauline.com
LinkedIn : linkedin.com/in/pauline-schubmehl-09b06220
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