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Sarah HUGON : celle qui a créé sa place là où personne ne l’attendait

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« Je ne me suis jamais abandonnée en chemin. »

Certaines phrases résument une vie entière.

Lorsque Sarah prononce ces mots, on comprend immédiatement que son histoire ne parle pas seulement de musique.

Elle parle de courage.

De liberté.

D’intuition.

De cette capacité rare à avancer même lorsque rien n’est certain.

Parce que lorsqu’on regarde son parcours aujourd’hui, il serait facile de ne voir que les concerts, les artistes, les tournées, les salles combles, les coulisses, les récompenses et les succès.

Mais ce serait oublier tout ce qui est invisible.

Les nuits blanches.

Les doutes.

Les risques financiers.

Les décisions impossibles.

Les kilomètres parcourus.

Les sacrifices.

Et surtout cette petite voix intérieure qui lui répète depuis toujours :

« Vas-y. Même si tu ne sais pas encore comment. »

C’est probablement cette voix qui a guidé toute sa vie.

 

 

Une petite fille entre plusieurs mondes

 

L’histoire de Sarah ne commence pas dans une salle de concert.

Elle commence à Cannes.

Puis à Madagascar.

Puis à La Réunion.

Trois territoires.

Trois vies.

Trois chapitres qui vont forger la femme qu’elle deviendra.

Elle perd son père alors qu’elle est encore très jeune.

Sa mère décide alors de quitter la France pour retourner dans son pays natal : Madagascar.

Direction Nosy-Be.

Là-bas, Sarah découvre une enfance insulaire, bercée par l’océan, la liberté et l’ouverture sur le monde.

Mais la vie en décide autrement.

Quelques années plus tard, pour des raisons administratives, elle doit quitter Madagascar.

Du jour au lendemain.

Sans préparation.

Sans véritable choix.

Elle arrive à La Réunion avec sa mère.

Elles n’ont presque rien.

Elles sont hébergées chez son arrière-grand-père, Monsieur Sery, au Tampon.

À cet âge-là, beaucoup auraient pu se sentir perdues.

Sarah, elle, apprend déjà quelque chose qui lui servira toute sa vie :

on peut tout recommencer !

 

Être déracinée aussi jeune lui laisse des cicatrices.

Mais cela lui offre également une force incroyable.

Une capacité d’adaptation.

Une ouverture aux autres.

Une combativité qui ne la quittera jamais.

 

 

L’aventure comme moteur

 

Avant la musique, Sarah rêvait déjà d’ailleurs.

Elle choisit une filière en commerce international.

L’Afrique du Sud.

L’Inde.

Hong Kong.

Les expériences s’enchaînent.

Les découvertes aussi.

Pendant que certains cherchent une carrière stable, Sarah cherche ce qui la fait vibrer.

Elle aime apprendre.

Explorer.

Comprendre.

Voyager.

Se challenger.

Elle le dit elle-même :

“J’ai une horreur absolue de la routine.”

Et cela se ressent dans chaque étape de sa vie.

Sarah n’a jamais choisi la voie la plus simple.

Elle a toujours choisi celle qui lui semblait la plus vivante.

 

 

La prédiction qui deviendra réalité

 

À onze ans, alors qu’elle vit encore à Madagascar, Sarah prononce une phrase qui pourrait passer pour un rêve d’enfant.

Elle regarde sa mère et lui dit :

“Un jour, je rencontrerai Jimmy Cliff et je travaillerai avec lui.”

Nous sommes à l’époque où Hakuna Matata résonne partout.

Jimmy Cliff fait partie de son univers musical.

Sa mère sourit probablement.

Comme toutes les mamans face aux rêves immenses de leurs enfants.

Pourtant, près de dix ans plus tard, Sarah organisera effectivement l’un des concerts de Jimmy Cliff.

Mieux encore.

Le concert aura lieu le jour de l’anniversaire de sa mère.

Certaines personnes parlent de hasard.

D’autres d’intuition.

Sarah a toujours eu cette capacité étrange à écouter cette petite boussole intérieure qui semble parfois connaître le chemin avant elle.

 

Le mauvais Dan qui va changer sa vie

 

Les grandes histoires commencent parfois par des erreurs.

Alors qu’elle effectue son Master entre Paris et La Réunion, Sarah cherche un stage dans l’événementiel.

Elle contacte un certain Dan.

Enfin… elle croit contacter le bon Dan.

En arrivant à La Réunion, elle découvre qu’il s’agit d’une autre personne.

Erreur.

Malentendu.

Mauvais contact.

Mais ce “mauvais Dan” s’appelle Daniel Colas.

Et il dirige TNT Événements.

Cette confusion va bouleverser sa trajectoire.

À ses côtés, Sarah découvre les coulisses du spectacle vivant.

Les concerts.

Les artistes.

Les productions.

Les responsabilités.

Elle participe à ses premiers grands événements.

Diam’s.

Jimmy Cliff.

Le groupe RAS.

Elle jongle entre les examens universitaires et les concerts.

Sans expérience.

Sans mode d’emploi.

Mais avec une énergie phénoménale.

Aujourd’hui encore, elle parle de cette période avec émotion.

Parce qu’elle sait qu’aucune école n’aurait pu lui enseigner ce que le terrain lui a appris.

“Les erreurs, il y en a eu. Mais elles ont été tellement formatrices.”

 

Les samoussas qui ont financé un rêve

 

Bien avant les grandes scènes, il y a eu un autre projet fou.

Alors qu’elle est étudiante à Paris, Sarah fonde l’association 97’INSEEC.

Une idée lui traverse alors l’esprit.

Et si La Réunion rayonnait sur les Champs-Élysées ?

L’idée paraît complètement démesurée.

L’association n’a pas d’argent.

Aucune garantie de réussite.

Pourtant, Sarah privatise le Planet Hollywood.

Oui.

Le Planet Hollywood des Champs-Élysées.

Pour financer le projet ?

Ils vendent des samoussas.

Organisent des spectacles.

Cherchent des solutions.

Travaillent sans relâche.

La première soirée dom-tomienne voit finalement le jour.

Et c’est un succès.

Lorsqu’elle raconte cette anecdote aujourd’hui, on comprend une chose essentielle :

Sarah n’a jamais attendu que toutes les conditions soient réunies pour commencer.

 

 

À 23 ans, seule femme au milieu d’un groupe mythique

 

Puis vient l’appel qui change tout.

Gilbert Pounia, leader du groupe Ziskakan, cherche un manager pour une tournée européenne.

Sarah a 23 ans.

Elle accepte.

Avec du culot, reconnaît-elle aujourd’hui.

Et beaucoup de courage.

Parce qu’elle est jeune.

Très jeune.

Et surtout la seule femme du groupe.

Pendant près de huit ans, elle accompagne Ziskakan.

Les tournées.

Les concerts.

Les déplacements.

Les négociations.

Les contrats.

Elle apprend à prendre sa place dans un univers très masculin.

Et ce n’est pas toujours simple.

 

 

Quand être une femme signifie devoir prouver davantage

 

Lorsqu’elle débute, Sarah négocie des contrats à La Réunion, en Inde et ailleurs.

Presque tous ses interlocuteurs sont des hommes.

Très souvent, elle doit prouver davantage.

Montrer qu’elle maîtrise ses dossiers.

Qu’elle mérite sa place.

Qu’elle est légitime.

Elle ira même jusqu’à recevoir des menaces parce qu’elle dérange certaines habitudes installées.

Certaines formes de suprématie masculine.

Mais loin de la freiner, ces épisodes renforcent sa détermination.

Aujourd’hui, les choses ont changé.

Son expérience parle pour elle.

Ses réalisations aussi.

Et ce qu’elle considère comme sa plus belle récompense n’est pas une distinction officielle.

Ce sont les messages de félicitations que lui adressent désormais certains confrères du secteur.

 

 

Ce que le public ne voit jamais

 

Nous avons souvent une vision idéalisée du monde du spectacle.

Les lumières.

Les artistes.

Les applaudissements.

Les photos.

Les voyages.

Mais Sarah connaît l’autre réalité.

Les appels à minuit.

Les budgets fragiles.

Les responsabilités immenses.

Les décisions impossibles.

Les imprévus.

Comme ce concert où un membre de la famille d’un artiste décède.

Faut-il maintenir le spectacle ?

L’annuler ?

Quand annoncer la nouvelle ?

Comment protéger l’artiste ?

Comment protéger le public ?

Ou encore cette tournée aux Seychelles où elle doit transmettre une terrible nouvelle à un artiste juste avant une représentation.

Dans ces moments-là, le rôle de manager dépasse largement la musique.

Il devient profondément humain.

 

 

Le soir où tout reposait sur ses épaules

 

Parmi tous les souvenirs qui jalonnent sa carrière, un reste gravé.

Le concert de Jimmy Cliff.

La salle est pleine.

Le public attend.

L’artiste est prêt à monter sur scène.

Et soudain, la sentence tombe.

“No Money, No Show.”

Pas de paiement.

Pas de concert.

Sarah est encore très jeune.

Elle n’est pas responsable du règlement.

Mais elle comprend immédiatement que si personne n’agit, le spectacle n’aura pas lieu.

Elle prend alors le manager de l’artiste à part.

Discute.

Négocie.

Argumente.

Vingt longues minutes.

Vingt minutes durant lesquelles tout le concert repose sur ses épaules.

Finalement, le groupe monte sur scène.

Le concert a lieu.

Le public ne saura probablement jamais ce qui vient de se jouer en coulisses.

Mais Sarah, elle, vient d’apprendre une leçon qui ne la quittera plus :

dans ce métier, il faut parfois avancer même lorsqu’on ne maîtrise plus rien.

 

 

La maternité, puis Mickaël Pouvin

 

En 2018, Sarah est enceinte de six mois.

Elle envisage de ralentir.

De prendre du recul.

De faire une pause.

Puis Mickaël Pouvin lui propose de l’accompagner.

Au départ, elle hésite.

Elle propose une petite tournée pour apprendre à se connaître.

La connexion est immédiate.

Huit ans plus tard, ils travaillent toujours ensemble.

Et lorsqu’elle parle de cette collaboration, elle ne parle pas uniquement de carrière.

Elle parle de confiance.

De loyauté.

D’amitié.

De famille.

Elle sourit lorsqu’elle explique être parfois sa manager, sa productrice, sa sœur, sa meilleure amie ou même sa mère.

Parce qu’accompagner un artiste, ce n’est pas seulement gérer son agenda.

C’est être là dans les moments de lumière comme dans les périodes plus difficiles.

 

 

Les deux hommes qui lui rappellent pourquoi elle continue

 

Lorsqu’on lui demande qui l’a le plus soutenue, Sarah répond sans hésiter.

Sa mère.

Toujours.

Cette femme qui lui répétait :

“Crois en toi ma fille.”

Puis viennent ses deux fils.

Ses moteurs.

Ses raisons d’avancer.

Elle raconte avec émotion ce concert où elle s’est assise au milieu du public avec eux.

Juste quelques minutes.

Pour observer leurs yeux briller.

Pour les voir vivre la magie qu’elle contribue à créer.

Et lorsqu’ils lui disent :

“Maman, on est fiers de toi.”

Tout prend sens.

 

 

La petite fille de Nosy-Be serait fière

 

À la fin de notre échange, on lui demande si elle est fière d’elle.

Sa réponse est belle.

Profonde.

Humaine.

Oui, elle est fière.

Pas pour les chiffres.

Pas pour les concerts.

Pas pour les récompenses.

Mais parce qu’elle a continué.

Malgré les doutes.

Malgré les peurs.

Malgré les obstacles.

Parce qu’elle ne s’est jamais abandonnée en chemin.

Et lorsqu’elle imagine ce que lui dirait aujourd’hui la petite fille de Nosy-Be, la réponse ressemble à une caresse :

“Tu as vécu tes rêves. Continue. Tu en as encore plein d’autres.”

Peut-être est-ce cela, finalement, la plus belle réussite.

Non pas atteindre tous ses objectifs.

Mais rester fidèle à celle que l’on était au départ.

Et continuer d’avancer, même lorsque la route n’existe pas encore. ✨

 

 

 

 

✨ Et vous, quelle est votre histoire ?

Chez La Woman Mag, nous sommes convaincus que chaque parcours mérite d’être entendu.

Derrière chaque femme inspirante, derrière chaque homme engagé, il y a souvent des défis relevés, des épreuves traversées, des rêves poursuivis et des leçons de vie qui peuvent éclairer le chemin des autres.

L’histoire de Sarah nous rappelle une chose essentielle : nous n’avons pas besoin d’avoir un parcours parfait pour construire quelque chose de beau. Nous avons simplement besoin d’oser avancer.

C’est pourquoi nous vous invitons à rejoindre notre communauté Femmes Ambitieuses de La Réunion et de l’Océan Indien.

Un espace où les femmes partagent leurs expériences, leurs réussites, leurs questionnements et leurs projets.

Un espace où les hommes sont également les bienvenus, en tant qu’alliés, partenaires, soutiens, pères, frères, amis ou entrepreneurs engagés, convaincus que l’égalité et la réussite se construisent ensemble.

👉 Présentez-vous en quelques lignes :

  • Qui êtes-vous ?
  • Quel chemin avez-vous parcouru ?
  • Quelle épreuve vous a fait grandir ?
  • Quel rêve continue aujourd’hui de vous faire vibrer ?

Parce qu’une histoire partagée peut parfois changer une vie.

Nous avons hâte de découvrir la vôtre. ✨

Rejoignez la communauté et venez écrire la suite de votre histoire avec nous.

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